Comme le schématise de façon imagée le sociologue de la famille François de Singly, le père était autrefois un « chasseur cueilleur » (en clair : il allait à l’extérieur ramener à sa famille de quoi vivre) tandis que la femme était une « nourricière élevant les enfants ». Maintenant que la femme est devenue en quelque sorte une « chasseuse cueilleuse nourricière », la relation du père au tout petit s’est modifiée.
La mère rentre tard, il n’y a pas toujours, comme autrefois, une nounou ou des grands-parents présents, et le père se retrouve parfois seul avec le bébé : il lui faut le laver, l’habiller, lui donner le biberon… On s’extasie beaucoup depuis vingt ans sur ces « nouveaux papas » qui changent les couches. Regardés d’un peu plus près, les changements ne sont pourtant pas si marqués.
Effectivement, le papa de 2008 nourrit parfois l’enfant (depuis qu’il n’y a plus le lait à faire bouillir, et que les biberons sophistiqués à plusieurs vitesses facilitent la tâche…) et le change de temps à autre (depuis que les couches jetables existent et qu’il ne risque plus de s’emmêler les doigts dans les épingles à nourrice…). Néanmoins cela reste beaucoup plus rare qu’on ne le prétend, ou que ne le montrent les photos de famille prises quand les beaux-parents sont là. Le lavage du linge de l’enfant reste par exemple toujours exclusivement fait par la mère.