À la fin du XIXe siècle, la presse vélocipédique est dominée par « Le Vélo » qui deviendra ensuite « Le Vélo illustré », un quotidien innovant fondé par Pierre Giffard en 1893. Fort de son succès, il va chercher à populariser le cyclisme. Il lui vient alors l’idée lumineuse d’inventer le célèbre Paris-Brest-Paris.
L’épreuve est un succès et les ventes de son quotidien s’en ressentent immédiatement. Nous sommes alors en pleine affaire Dreyfus, et le très prolixe Giffard suscite de plus en plus de jalousies, surtout depuis qu’il soutient le jeune militaire juif qui a divisé la France.
Profitant de l’aide des industriels antidreyfusards, Henri Desgrange, un ancien coureur reconverti dans le journalisme, va s’empresser de monter « L’auto-vélo ». Rebaptisée « L’Auto » suite à un procès, cette revue s’apparente au « Vélo illustré », à ceci près qu’elle se défend de faire de la politique.
En 1903, pour prendre définitivement le pas sur son concurrent, Desgrange s’inspirera directement des techniques de Giffard et lancera l'idée d'un tour de la France.