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Pour Platon, la ville idéale ne devait pas compter plus de 20 000 habitants.
Un chiffre largement dépassé aujourd’hui, la plus grande ville du monde en comptant plus de 35 millions. Quand et comment sont apparues les villes ?
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Les premières cités
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Les débuts de l’urbanisation sont liés à l’apparition de l’agriculture :
impossible d’imaginer des bourgs de quelque importance quand chacun doit
cueillir ou chasser sa nourriture… L’historien Paul Bairoch a calculé que,
dans une économie de ce type, où l’on compte en moyenne 0,1 habitant par
km2, il faudrait, pour approvisionner une petite ville de 1000 habitants,
drainer tous les surplus de cueillette d’une région égale en superficie à la
Grande-Bretagne !
L’invention de l’agriculture se fait dans les années –8000 av. JC, les
premières cités (que les historiens qualifient de " pré-urbaines ")
apparaissent quelques siècles plus tard. D’abord au Moyen-Orient : Jéricho
(en Cisjordanie, qui aurait eu de 1 000 à 2 000 habitants vers –7000), Çatal
Hüyük (en Anatolie) et Jarmo (en Irak) sont parmi les plus connues.
Dans les autres régions du monde, les débuts de l’urbanisation sont plus tardifs :
vers –2500 en Inde, vers –2000/-1000 en Chine, vers –1500/-800 en Amérique
précolombienne, -1500/-1000 en Europe (Athènes, Rome et leurs colonies),
vers -1000/-500 en Afrique noire…
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Les limites de l’urbanisation
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Les villes nous semblent aujourd’hui un phénomène si naturel qu’on ne
perçoit plus ce qui a pu freiner leur évolution. Or, comme les citadins ne
produisent ni leur nourriture ni le bois pour se chauffer, une ville ne peut
exister que si elle peut s’approvisionner facilement. Selon les modes de
transports existants, une limite de taille s’impose inexorablement.
Un exemple : si le transport se fait à pied, un homme est capable de
transporter par jour 35 à 40 kg sur 30 à 35 km (cf. Paul Bairoch). Mais,
pour sa nourriture, il est obligé de prélever 1 kg de son chargement par
jour – soit, en tenant compte du retour, 1 kg par tranche de 17 km. En
simplifiant, cela signifie qu’il a consommé la moitié de son chargement au
bout de 300 km. Ainsi, la France agricole du néolithique comptait environ 9
habitants par km2. En supposant un surplus alimentaire de 10 %, il faut
alors 1 200 km2 pour faire vivre une ville de 1 000 habitants..
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Une croissance au rythme des transports
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Par conséquent, chaque amélioration des modes de transport accroît la taille
des villes.
On trouve d’abord l’utilisation des animaux. Elle développe les capacités de
transport, même si un convoyeur est toujours nécessaire : un cheval peut
porter 90 à 150 kg et parcourir de 20 à 40 km par jour, un bœuf beaucoup
moins mais un chameau beaucoup plus.
L’apparition de la roue ne bouleverse pas fondamentalement la situation, car
il faut alors plus de convoyeurs et des routes à peu près carrossables.
Avant la généralisation du collier d’épaules, qui n’intervient en Europe
qu’au Moyen Age, un cheval ne tirait, sur de bonnes routes, que 4 à 7 tonnes
par km.
Autre outil d’acheminement : les barques et bateaux les plus divers,
utilisant la force des courants. Les villes sont ainsi toutes nées non
seulement dans des régions fertiles mais aussi à proximité de cours d’eau
importants qui facilitaient les transports.
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La révolution urbaine
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La révolution industrielle ne date que de deux à trois siècles mais a
entraîné une révolution urbaine fondamentale : machines à vapeur, navires
équipés de moteurs toujours plus puissants, trains toujours plus rapides,
voitures et camions libérés de la traction animale, avions… On peut
désormais acheminer en peu de temps n’importe quoi de partout vers n’importe
où…
" Il y a deux siècles, écrit le spécialiste Paul Bairoch, un homme sur dix
vivait en ville. Aujourd’hui, il s’agit d’un homme sur deux, proportion déjà
dépassée dans les pays développés. Il y a deux siècles, la plus grande ville
du monde (Londres ou Pékin) avait moins d’un million d’habitants et le monde
entier ne comptait même pas 90 villes de plus de 100 000 habitants.
Aujourd’hui, une dizaine de villes ont plus de 10 millions d’habitants et le
monde compte plus de 2 500 villes dont la population dépasse les 100 000
habitants. "
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Mexico, plus grande ville du monde
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Faut-il s’inquiéter de ce gigantisme ? Faut-il s’alarmer de voir surtout
croître actuellement les mégalopoles dans le Tiers-Monde, dans des pays où
la croissance des villes est infiniment supérieure à la croissance
économique ? La plus grande ville du monde est aujourd’hui Mexico. Montez
dans l’une des plus hautes tours du centre, regardez dans toutes les
directions : vous ne verrez que des maisons à perte de vue, des maisons qui
se touchent sur plus de 50 km…
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Texte : Marie-Odile Mergnac
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