|
|
Voici la première partie
d'une série d'articles consacrés à la généalogie partenaire de la génétique.
Dans le premier article que nous vous présentons aujourd'hui, notre généalogiste
Hélène Morvan nous révèle un secret découvert lors de ses recherches: certaines
femmes seraient infidèles! Dans un prochain article, nous vous montrerons qu'il
est possible d'en connaître le nombre, grâce aux récentes découvertes de chercheurs anglais...
|
Généalogiste en herbe, en quête d’identité et à la recherche d’ancêtres idéalisés,
quelle ne fut pas ma surprise de découvrir en la personne de mon arrière-grand-oncle,
un enfant illégitime, issu de la folle passion de sa mère et du jardinier !
En quelques instants tout un mythe s’écroule : les femmes aussi peuvent être infidèles,
mais comment est-ce possible?
|
Pendant des siècles, l’infidélité a été
considérée comme exclusivement masculine, expliquée et justifiée par
les plus grands scientifiques. Prenons Darwin et les naturalistes qui, à
partir de l’observation des comportements animaux transposés à celui des
hommes, en déduisent que les mâles sont avides de s’accoupler et polygames.
Ce qui est logique. En effet, en semant à tout vent le mâle a plus de chance
de transmettre ses gênes. Et qu’en est-il de la femelle ? Elle ne cherche qu’à
s’accoupler avec le mâle dominant pour transmettre à sa progéniture ses caractères
supérieurs. Cette théorie de la sélection naturelle semble alors assez pertinente
pour l’étendre à l’évolution humaine. Il en découle dans l’inconscient collectif,
fruit d’une longue domination masculine, une vision dans laquelle la femme se devait
d’être un chef-d’œuvre de modestie.
|
Mais la vérité est tout autre.
L’infidélité féminine même si elle est plus marginalisée existe depuis toujours.
Certaines études récentes sur certaines espèces animales tendent à prouver
que l’infidélité des femelles pouvait avoir une valeur adaptative.
Et oui, le vagabondage sexuel peut même présenter des avantages pour l’espèce !!
|
Sarah Blaffer Hardy, au début des années 80, se base sur le comportement inattendu
de certaines catégories de singes comme les femelles lémurs, bonobos ou encore
chimpanzés – nos parents les plus proches - et décrit comment les femelles déjà
enceintes cherchaient à copuler avec le nouveau mâle dominant à chaque prise
de pouvoir et postule que ces dernières agissaient ainsi pour brouiller les pistes
de paternité possibles et éviter l’infanticide, courant dans ces communautés.
Le mâle hésiterait à massacrer ce qui pourrait être sa progéniture.
L’infidélité des femelles est aussi comme une sorte de « pêche aux gènes ».
Elle peut éviter une certaine consanguinité et se révéler saine pour le groupe,
en particulier lorsque les espèces vivent en harem. Une étude récente réalisée en
Grande Bretagne sur des criquets a révélé que, par un mécanisme inconnu,
les femelles d’une certaine espèce étaient capables d’utiliser sélectivement le sperme !!
John Hoogland de l’université du Maryland (Etats-Unis) montre que les femelles chiens
de prairie qui multiplient les partenaires augmentent leurs chances d’être fécondées et
accouchent d’une progéniture en meilleure santé que celles qui se contentent d’un seul
partenaire. Des travaux sur le lézard des sables ou la vipère péliade tendent aux mêmes
résultats. Aussi le vagabondage sexuel de ces femelles ne présente t-il pas que des mauvais côtés.
|
Et les femmes dans tout ça ?
Depuis une dizaine d’années, les tests de paternité ADN sont venus appuyer
ces observations, en dévoilant que les pères officiels n’étaient pas toujours les
géniteurs réels. Que penser alors et qu’en déduire ? Que la fidélité ne semble pas plus
naturelle pour la femme qu’elle ne le serait pour l’homme et qu’il s’agirait plus d’un choix,
d’une promesse que d’un comportement inné... Aujourd’hui, 8 à 10 % des femmes avouent être infidèles.
La contraception, le travail et l’indépendence financière des femmes, le relachement de la
pression religieuse et sociale font de l’infidélité un acte moins stigmatisé et peut-être plus
courant, mais n’allez pas vous imaginer que c’est le fruit de la révolution sexuelle.
L’infidélité feminine existe depuis que l’homme est sur terre, et n’est pas près de disparaître...
|
Texte : Hélène Morvan
|
Nous vous donnons rendez-vous prochainement pour la suite "La preuve par la génétique". |
|
|
|
| |
|